Mis en avant

L’aventure généalogique est lancée

Pourquoi hésiter, quand au fond les choses ne demandent qu’à être extériorisées ?

« Les raisons pour lesquelles nous nous incarnons se décident dans l’invisible et notre présence sur Terre permet de mettre un terme à des branches généalogiques ou d’en démarrer d’autres. C’est ce qui permet l’évolution »

— Patricia DARRE.

Voilà, ça y est !!! L’aventure a démarrée. Il nous tardait de vous la conter, de vous la raconter.

2015, ma mère Marthe-Hélène a eu envie de débuter un travail sur ses racines, ses ancêtres. Elle ne pouvait expliquer le Pourquoi. D’ailleurs, elle n’avait pas donné suite à cette envie, si ce n’est s’inscrire sur le site Généanet. Puis cette envie lui est revenue en 2018 et de manière plus virale en 2019. C’était certainement le temps de m’embarquer dans son aventure ? 🙂

24 décembre 2019, c’était un beau cadeau à nous faire. Cet article est le tout premier que nous publions. Donner une seconde vie à nos ancêtres, les ôter de l’oubli, les mettre à l’honneur, les remercier, voilà l’idée du blog !

Et pour nous, héritières de cet arbre généalogique, ce travail doit nous permettre d’avancer et de grandir avec ce que nous ont laisser/léguer ces ancêtres.

Donc restez à l’affût pour la suite.

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Biberon de toloman

Le toloman est un tubercule semblable à la patate ou à la pomme de terre. On l’utilise pour épaissir les biberons des bébés,  les sauces et certains mets.

C’est un mot et un met qui a bercé mon enfance. J’ai entendu ma mère et ma grand-mère en parler et chacune avait son histoire à son propos.

Je n’ai pas vraiment de souvenir du procédé qui permet d’obtenir cette farine. Mais je me rappelle les propos de ma grand-mère à ce sujet : elle nous disait que « faire du toloman » tachait les mains et qu’il fallait se protéger quand on était à l’étape de l’épluchage. A l’étape du rinçage, il fallait rincer plusieurs fois la fécule qui se déposait au fond du récipient après qu’il eut été râpé et lavé une première fois. Il fallait également « veillé temps là » au cas où ça se gâte et qu’une averse pointe son nez. Il fallait dare-dare rentrer la fécule qu’on avait mis à sécher au soleil.

Par contre, je me rappelle très nettement l’odeur que dégageait les bouillis que je faisais pour ma fille. Car de génération en génération, nous avons utilisé cette poudre magique. Il fallait la doser correctement pour qu’elle n’épaississe pas de trop le lait et surveiller la cuisson pour que cela ne fasse des grumeaux. Après cela, on passait maître dans l’art de faire cuiredu toloman.

Noire fumée

La lampe à pétrole,  est un luminaire constitué d’un réservoir contenant du pétrole comme son nom l’indique, qui monte vers le bec grâce à une mèche, le tout surmonté d’une cheminée de verre. Elle fût inventée en 1872 par un pharmacien polonais.

Cette lampe a bercé mon enfance et pour cause, l’électricité n’était pas disponible dans toutes les maisons à cette époque ! La plus belle trônait au milieu de la salle à manger et une l’autre, moins attirante pour l’œil éclairait de sa belle flamme la cuisine.

Les souvenirs qui me reviennent avec cette lampe c’est qu’il fallait faire très très attention pour ne pas casser le verre. Ce qui arrivait quand même fréquemment, surtout au moment de le laver pour ôter le noir fumée, l’allumage de la lampe laissait toujours cette trace noire sur le verre. Trace  avec laquelle nous adorions jouer d’ailleurs et qui causait tous nos malheurs.

Pour laver le verre, il nous faillait une bassine, de l’eau et du savon et faire attention à ce qu’il ne échappe pas des mains. Il faillait également un chiffon  fin à faire coulissier dans le verre pour enlever le noir fumée.

Le verre était lavé le matin pour lui laisser le temps de sécher. Quant à la lampe, il fallait faire très attention à ne pas faire rentrer de l’eau dans le réservoir, au risque de se retrouver dans le noir, une fois le soir venu.

Si cette lampe est désormais une décoration pour notre salon, les souvenirs de tout ce que nous avons vécu autour des lampes à pétrole sont eux bien présents.

Enfant sans vie ?

Depuis 1993, le code civil français distingue « l’enfant sans vie » de « l’acte d’enfant sans vie ».

Un « enfant sans vie » en droit français est un enfant déclaré à l’état civil mais pour lequel il n’a pas été possible d’obtenir un certificat de naissance.

Si l’absence de certificat de naissance est due à un décès avant la déclaration de naissance : il s’agit d’ « un enfant sans vie ».

Si l’absence de certificat de naissance est due à l’impossibilité d’obtenir un certificat médical indiquant que l’enfant est né vivant et viable il s’agit d’ « un acte d’enfant sans vie ».

Il existe donc plusieurs statuts :

– l’enfant vivant

– l’enfant décédé mais vivant et viable (enfant sans vie)

– l’enfant décédé, non vivant et/ou viable ou enfant décédé et absence de certificat médical de naissance (acte d’enfant sans vie)

– le fœtus mort

Un « enfant sans vie » n’a donc ni filiation, ni personnalité juridique, ni nom de famille car il n’y a pas d’acte de naissance.

Les registres reconstituant notre arbre généalogique de 1874 à 1907 que nous avons consulté ne faisait sans doute pas la distinction entre « sans vie » et « acte d’enfant sans vie ». C’est ce que nous allons creuser au fil de nos recherches. Nous avons repéré sur les registres la mention marginale : « présentation d’un enfant sans vie de sexe…….., puis dans le descriptif : le jour, l’heure et le lieu de l’accouchement ; la désignation des parents (noms/prénoms, âge, profession, domicile) ; la désignation des déclarants, en règle général il s’agit de 2 témoins qui selon leur degré de lettrisme, signaient ou non la déclaration.

nom de savane

Pour débuter notre arbre généalogique, quoi de plus facile que d’interroger nos proches direz-vous. Et c’est ce que nous avons fait ! Nous avons interroger ma mère. Nous avons noté soigneusement les informations qu’elle nous donnait : les dates, les lieux, les anecdotes et les prénoms. Elle n’a pas vraiment connu ses oncles et tantes, mais elle savait qu’ils étaient 2 garçon : Robert et Fernande et 2 filles : Hélène et Milonette. Notre liste sous le bras, nous nous sommes rendues à la mairie pour consulter les archives.

Mais là, impossible de retrouver, Hélène, Millonette, Robert ou Fernande. Et pour cause ce ne sont pas les prénoms qui figuraient sur les registres de l’état civil. Tous ces prénoms, sont ce que l’on appelait à l’époque des « nom savann ». En français, nous dirons des surnoms.

Mythe ou réalité, l’histoire aime à raconter que les « vrais » prénoms des enfants n’étaient jamais divulgués de peur qu’ils ne soient emportés par quelques esprits maléfiques.

D’ailleurs, il faut noter que de nos jours encore, quand un « ancien » décède, on découvre son vrai prénom, celui inscrit à l’état-civil au moment de publier les avis de décès.

Des témoins… nécessaires ou pas ?

L’acte de reconnaissance que nous avons recueilli à la mairie du Vauclin est un acte d’état civil, au même titre que l’acte de naissance ou l’acte de mariage. Il a pour fonction d’établir la filiation, c’est-à-dire le lien juridique existant entre Monsieur VINSOBRE et ses enfants. Ce dernier n’ayant pas épousé sa dulciné il a procédé à la reconnaissance de ses enfants tardivement

Pour officialiser cet acte, la présence de témoins est indispensable, ces témoins ne devant être apparenté aux enfants de quelque façon que ce soit.

4 témoins figurent sur cet acte. Il est intéressant de noter que tous ont signé l’acte, ce qui n’est pas toujours le cas. En effet, sur certains documents que nous avons étudié, nous notons que seul l’officier de l’état civil, en l’occurrence le maire signait car les témoins ne savaient ni lire, ni écrire.

La profession exercée par les témoins témoignent un peu de leur rang social et de leur savoir. Ils sont : pilote pour l’un (il n’est pas précisé de quoi) marchand boucher pour l’autre, instituteur et entrepreneur pour les deux autres. (là encore un terme assez vague, nous ne saurions définir clairement le métier d’entrepreneur)

Seul le père n’a pu signer l’acte. Il est mentionné : « le père ayant déclaré ne pouvoir le faire à cause de la faiblesse occasionnée par la maladie »

Carotte ou bâton ?

Ils sont petits, ils sont désuets, ils ne sont ni électroniques ni connectés, ils sont quasiment tombés dans l’oubli depuis des décennies. On dira même que c’est une espèce en voie d’extinction.

Le bon point a été pendant très longtemps le compagnon de route des écoliers. Il était distribué par l’instituteur aux élèves méritants. Il était matérialisé sous forme d’un petit coupon de carton tamponné, conservé par l’heureux gagnant dans une « boîte à bons points ». Dix bons points étaient échangés contre une image. Plusieurs images étant récompensées par un cadeau offert par l’instituteur.

Jusqu’à la fin des années 1960, les systèmes de récompense étaient en pratique dans l’enseignement et se déclinaient, en plus des Bons-Points, en de nombreuses procédures : le Tableau d’honneur, les billets de satisfaction et billets d’honneur, les distributions annuelles de livres de prix

Ces petits cartons que nous avons retrouvé dans « les affaires » de ma grand-mère témoignent d’une époque où ma mère et sa sœur s’appliquaient à ramener les bons-points à la maison. Fierté pour ma grand-mère ? Il est fort à parier.

Il était une fois… la dame-jeanne

Savez-vous que je n’ai su que très récemment comment s’écrivait le mot « dame-jeanne » ?

Et pour cause, quand ma grand-mère demandait de faire attention à « damjan là » nous avions, mon frère et ma cousine déjà du mal à comprendre de quoi il s’agissait. On voyait juste un énorme truc en verre qui nous barrait le chemin, alors que nous jouions à cache-cache. Car oui elles étaient énormes, toujours remplie de quelque chose et très difficile à déplacer. D’ailleurs je me rappelle qu’on la faisait rouler sur sa base pour essayer de la déplacer. Toute une histoire !

En continuant notre aventure généalogique, nous découvrons chez ma mère une rescapée : une dame-jeanne installée confortablement dans un coin du balcon. Elle a une contenance de 15l

Nous avons, ma fille et moi promis à ma mère de faire extrêmement attention pour qu’elle nous laisse partir avec celle-ci afin de vous la photographier. Cette dame-jeanne, comme toute les pièces que nous allons découvrir avec vous est très ancienne. 100 ans ? Ce n’est pas impossible. Ma mère la tient de ma grand-mère qui elle même la tenait de sa mère. Une chose est sûre c’est que les choses se conservent dans notre famille.

Plusieurs histoires tournent autour de cette grande et grosse bouteille dont une histoire de Dame, bien évidemment. 

Il était une fois une reine, Jeanne, chassée de son royaume de Naples, qui vint se réfugier en 1347 dans son comté de Provence via Draguignan. Surprise par un orage violent, elle se réfugia alors dans le château d’un gentilhomme verrier au hameau de Saint-Paul-la-Galline-Grasse. Après y avoir passé la nuit, la reine voulut découvrir comment il fabriquait les flacons. Le verrier, quelque peu troublé par sa présence, souffla dans le mors de sa canne et réalisa une bouteille énorme qui fit l’admiration de tous. Il décida du coup d’en lancer la fabrication et appela ces bouteilles « reine-Jeanne ». Mais la souveraine, modeste, suggéra de lui donner simplement le nom de « dame-jeanne ». Afin de protéger cette grosse bouteille, comme rhabiller une dame dénudée, le verrier la couvrit d’osier.

A l’origine, une dame-jeanne est une bonbonne en verre sans anse, soit une grosse bouteille de forme cylindrique ou sphérique à goulot étroit, qui servait initialement au transport et à la conservation des liquides tels que les alcools (vin rouge, cognac, whisky…), aliments, huile, vinaigre….

Aujourd’hui, on la retrouve comme objet de décoration, très prisé chez les chineurs.

Décortiquons l’acte de reconnaissance

Comme nous vous l’indiquions dans la publication précédente, Monsieur Flavien VINSOBRE a reconnu ses 5 enfants qu’il a eu avec Madame Louise Nisa BUNOT. Mais quelles informations supplémentaires nous fourni cet acte ?

Nous découvrons que Flavien, 47 ans, était malade, certificat médical du Dr BINET à l’appui et qu’il n’a pu de ce fait se rendre en mairie. La mairie en la personne de Mr Louis COLLIGNON maire à cette époque, est venue à lui. Dans un autre article, nous vous conterons sa maladie.

Nous découvrons que 2 des 5 enfants sont nés au Vauclin (97280). Les 3 autres sont nés au François (97240). La zone géographique commence à s’étendre.

Nous découvrons que la mère des enfants, Louise Niza est couturière et qu’elle est âgée de 46 ans. Qu’elle est domiciliée au François , mais qu’elle habite le Vauclin. Il est intéressant de noter que déjà à l’époque on faisait la distinction entre la domiciliation et le lieu de résidence.

Nous découvrons que le « T » de BUNOT était un « D » à l’origine. Nous reviendrons également sur les erreurs de l’état-civil dans un autre article.

Nous découvrons également qu’il y a quatre témoins. Dans un autre article, nous reviendrons en détail sur les témoins.

Et pour finir, nous découvrons, que la maladie de Flavien était invalidante. Aussi, il n’a pu signer l’acte.

Invalidante à quel point ? Nous n’avons pu à ce jour découvrir sa date de naissance, ni la date de décès. Avec ces éléments, nous pourrons approfondir et dire s’il est décédé après avoir procédé à la reconnaissance de ses enfants.

Il est intéressant de constater qu’un seul document peut fournir une multitude d’informations.

Forgeron ou maréchal-ferrant ?

Le 11 avril 1900, Flavien VINSOBRE, surnommé Picard reconnait les 5 enfants qu’il a eu avec BUNOD Louise Nisa. L’acte de reconnaissance, établi par le maire Louis COLLIGNON qui s’était déplacé au domicile, retrace de manière très détaillée ce moment et mentionne que Flavien était forgeron.

Au cours d’une discussion avec ma mamie, nous en apprenons un peu plus. Flavien est le grand-père maternel de ma mamie. Elle ne l’a pas connu. Ce qu’elle nous raconte, elle le tient de sa mère :

Flavien ferrait les chevaux des gendarmes de la commune du Vauclin, ces derniers venaient à son atelier pour remettre les fers pour leurs chevaux. Car dans la Martinique de l’époque, les gendarmes se déplaçaient à cheval.

Alors, Flavien, il était forgeron ou maréchal-ferrant ? Car selon la définition du dictionnaire, ce n’est pas la même chose ! Nous y reviendrons.

Brusquement, ma mamie nous abandonne. Au bout de quelques minutes, elle revient en tenant à la main 2 objets : un fer à cheval et un bout de marteau. Oh miracle, ces « bouts de fer » ont été déterrer récemment alors que des ouvriers faisaient des fouilles pour refaire la dalle de sa maison.

Nous apprenons par la même occasion que l’atelier de Monsieur Flavien se tenait à l’emplacement même de sa maison.

Grand moment d’émotion !

Evaluer avec précision l’âge de ces bouts de fer est quasi impossible. Mais il y a fort à parier qu’ils ont au moins 119 ans !

Naître vierge

« Nous ne naissons pas vierge. Nous naissons au cœur d’une mosaïque complexe faite de joies, de réussites, de drames, de regrets, d’abandons, de trahisons, de paroles non échangées, de secrets ; un labyrinthe où les histoires se croisent en permanence. »

Le livre de Juliette ALLAIS « Se libérer et guérir des blessures familiales » fut le détonateur de notre passage à l’action pour travailler sur notre arbre généalogique.

Il est à bien des égards, un livre que nous recommandons à qui veut avancer avec l’héritage laissé par les ancêtres.